Près d’un Américain sur deux estime que sa situation financière se détériore : signal d’alerte pour l’économie

Par Léo Piquemal

il y a 5 mois


Une représentation visuelle du pessimisme financier des ménages américains en 2025 avec courbes et pourcentages
Graphique des perceptions financières des Américains en 2025, soulignant le pessimisme malgré des indicateurs économiques positifs — Nezna/généré par IA
En bref
  • 45 % des Américains disent que leur sécurité financière s’est empirée en 2025.
  • 57 % pensent que l’économie est en récession, bien que ce ne soit pas le cas.
  • Le pessimisme est plus fort chez les bas revenus, les femmes et certains groupes raciaux.
  • La confiance des consommateurs et l’emploi sont des facteurs clefs du malaise.

Un sondage Harris publié le 29 décembre 2025 indique que 45 % des adultes américains considèrent que leur sécurité financière s’est détériorée en 2025, contre seulement 20 % qui pensent qu’elle s’est améliorée. Fait notable : 57 % des répondants estiment que l’économie américaine est en récession, une perception incorrecte selon les normes économiques classiques (deux trimestres consécutifs de croissance négative) alors que l’économie a affiché des signes de croissance récemment.

Cette discordance entre les chiffres macroéconomiques et le ressenti des citoyens illustre une fracture profonde entre la croissance globale et la réalité vécue par de nombreux ménages. Les statistiques officielles montrent une croissance du PIB et une inflation maîtrisée, mais la confiance des consommateurs reste faible et le marché de l’emploi montre des signes de stagnation ou de fragilité, les perspectives de recrutement se dégradant dans certains secteurs.

Le sondage met en lumière des différences marquées selon le revenu, le genre et l’affiliation politique : les personnes gagnant moins de 50 000 USD par an sont nettement plus susceptibles de déclarer une détérioration de leur situation financière que les ménages plus riches. De même, les femmes et certains groupes raciaux (notamment les Afro-Américains et Hispaniques) expriment un pessimisme plus prononcé, ce qui traduit des disparités structurelles dans l’impact des conditions économiques sur la vie quotidienne.

Du côté des partis politiques, les perceptions diffèrent fortement : les électeurs démocrates sont plus enclins à critiquer la gestion économique du gouvernement actuel, tandis que les républicains ont tendance à être moins critiques. Cette polarisation reflète non seulement des divergences idéologiques sur les politiques économiques, mais aussi des expériences hétérogènes du marché du travail et de l’inflation.

Graphique illustrant le pessimisme financier des ménages américains en 2025
Évolution des perceptions financières aux États-Unis en 2025, montrant un fort pessimisme malgré les indicateurs économiques globaux — Nezna/généré par IA

Un autre indicateur récent, l’indice de confiance des consommateurs publié par The Conference Board, est tombé à ses plus bas niveaux depuis l’imposition de nouvelles taxes douanières, signalant un lien étroit entre la perception de l’économie et les coûts de la vie réels supportés par les ménages. L’affaiblissement de la confiance a également coïncidé avec une hausse du chômage à 4,6 %, le taux le plus élevé depuis 2021, renforçant le sentiment d’incertitude économique.

Conséquences concrètes : pour les ménages, ce pessimisme se traduit par une moindre propension à consommer, une épargne précautionnelle accrue ou une réduction des dépenses discrétionnaires, ce qui peut freiner la croissance domestique. Les inégalités croissantes entre revenus amplifient ces effets, car les bas revenus dépensent une plus grande part de leur revenu en biens essentiels, davantage affectés par l’inflation et les taxes. Cette dynamique nourrit un cercle vicieux de faible confiance et de ralentissement de la demande intérieure.