PFAS : une nouvelle piste technologique pour dépolluer l’eau

Par Julien Mercier

il y a 5 mois


Illustration d'une molécule PFAS se décomposant dans l'eau
Molécule PFAS en décomposition. Nezna/généré par IA
En bref
  • Un matériau de type LDH est étudié pour la capture de certains PFAS en milieu aqueux.
  • Les résultats disponibles proviennent d’expériences en laboratoire.
  • Aucune application industrielle ou commerciale n’est encore annoncée.

Qu’est-ce que les PFAS et pourquoi posent-ils problème ?

Les substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS) sont une vaste famille de composés synthétiques utilisés depuis les années 1940 dans de nombreux produits industriels et de consommation, tels que les revêtements antiadhésifs, les mousses anti-incendie ou certains emballages alimentaires. Leur stabilité chimique, liée à la force des liaisons carbone-fluor, explique leur persistance dans l’environnement.

Les PFAS sont aujourd’hui détectés dans l’eau, les sols, l’air et les organismes vivants. Plusieurs études scientifiques les associent à des effets sanitaires potentiels, notamment des perturbations hormonales, des effets immunitaires et certains cancers, bien que les niveaux de risque varient selon les composés et les expositions.

Origine et diffusion environnementale

La dispersion des PFAS est principalement liée aux rejets industriels, à l’utilisation de produits contenant ces substances et à la gestion des déchets. Leur présence a été documentée dans de nombreuses régions du monde, y compris dans des ressources en eau potable et des chaînes alimentaires.

Une technologie en cours d’étude

Les travaux relayés par plusieurs médias scientifiques portent sur l’utilisation d’un matériau de type LDH (layered double hydroxide), composé notamment de cuivre et d’aluminium. En conditions expérimentales, ce matériau présente une capacité à adsorber certains PFAS présents dans l’eau.

Selon les chercheurs, cette adsorption pourrait être suivie d’une dégradation chimique partielle des molécules par oxydation. Les résultats rapportés indiquent une action rapide dans un cadre de laboratoire, sans formation détectée de sous-produits toxiques majeurs. Ces observations restent toutefois limitées à des tests contrôlés et à des types de PFAS spécifiques.

Matériau LDH capturant des chimiques PFAS
Nezna / généré par IA

État des connaissances et sources disponibles

Les résultats ont été diffusés par des plateformes de vulgarisation scientifique telles que ScienceDaily et par des médias régionaux. À ce stade, les informations accessibles au public ne mentionnent pas explicitement de publication académique évaluée par des pairs, ce qui limite l’analyse indépendante de la méthode.

Applications potentielles et limites

Si les résultats sont confirmés par des études complémentaires, cette approche pourrait contribuer à certaines étapes du traitement de l’eau, en complément des technologies existantes comme le charbon actif ou les résines échangeuses d’ions.

Cependant, plusieurs limites sont identifiées : la diversité des PFAS, l’absence de données sur le coût et la durabilité du matériau, ainsi que la difficulté de transposer les résultats de laboratoire à une échelle industrielle. Par ailleurs, cette technologie ne traite pas la question de la production et de l’utilisation en amont des PFAS.

Perspectives de recherche

Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les travaux afin d’évaluer la reproductibilité des résultats, leur impact environnemental global et leur viabilité économique. À ce stade, la technologie demeure expérimentale.

FAQ

Les PFAS peuvent-ils être dégradés ?

Oui, certains PFAS peuvent être dégradés sous des conditions spécifiques, mais ces processus restent complexes et coûteux à mettre en œuvre à grande échelle.

Cette technologie est-elle disponible aujourd’hui ?

Non. Elle fait encore l’objet de recherches en laboratoire et n’est pas commercialisée.

Comment réduire l’exposition aux PFAS ?

Il est possible de limiter certaines sources d’exposition, d’utiliser des systèmes de filtration adaptés et de soutenir des politiques de régulation visant à réduire l’usage des PFAS.