Internet satellite : Russie lance Rassvet face à Starlink
Par Julien Mercier
il y a 3 mois
- Course mondiale à l’internet souverain par satellite.
- La Russie a lancé 16 satellites Rassvet en orbite basse.
- Starlink dépasse 5000 satellites déjà opérationnels.
- L’Europe et la Chine visent des déploiements complets d’ici 2030.
La Russie a lancé 16 satellites de communication en orbite basse dans le cadre du programme Rassvet. Selon Reuters et Xinhua, ce lancement constitue une première étape vers une constellation nationale destinée à fournir un accès internet par satellite.
Chiffres clés :
- 16 satellites lancés par la Russie
- Plus de 5000 satellites pour Starlink
- Latence annoncée entre 20 et 40 ms pour Starlink
- Plusieurs milliards d’euros nécessaires pour une constellation complète
- Déploiements européens et chinois attendus d’ici 2030
Le programme Rassvet vise à réduire la dépendance aux infrastructures étrangères. Aucun calendrier complet ni nombre total de satellites nécessaires n’ont été communiqués à ce stade.
Le contraste avec Starlink reste important. Le système exploité par SpaceX dispose déjà de plusieurs milliers de satellites et d’une couverture commerciale active dans de nombreuses régions. Une constellation pleinement opérationnelle nécessite généralement plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de satellites pour assurer une continuité de service.
Avec 16 satellites, la Russie se situe encore dans une phase initiale. Cette configuration ne permet ni une couverture globale ni une capacité réseau élevée, mais elle constitue une étape technique nécessaire avant un déploiement plus large.
Le développement d’une constellation repose sur plusieurs facteurs : production industrielle, cadence de lancement, stations au sol et terminaux utilisateurs. Ces éléments n’ont pas encore été détaillés publiquement pour le programme russe.
Les coûts associés restent élevés. Les constellations en orbite basse nécessitent plusieurs milliards d’euros d’investissement initial, auxquels s’ajoutent des coûts récurrents liés au remplacement des satellites et à l’exploitation du réseau.
En Europe, le programme IRIS2 prévoit un déploiement progressif d’ici 2030 avec un budget de plusieurs milliards d’euros. En Chine, des constellations comme Guowang sont également en cours de développement, avec des calendriers étalés sur plusieurs années.
Les contraintes techniques sont similaires pour l’ensemble des acteurs : densité élevée de satellites, coordination orbitale précise et renouvellement régulier en raison d’une durée de vie limitée en orbite basse.
Les terminaux utilisateurs jouent également un rôle central. Leur coût et leur disponibilité conditionnent l’adoption des services. Le modèle de Starlink repose sur la vente d’équipements accompagnée d’un abonnement mensuel.
Les délais de déploiement restent longs. Entre les premiers lancements et un service stable, plusieurs années sont généralement nécessaires. Des incertitudes subsistent notamment sur la capacité industrielle russe à maintenir une cadence élevée de production et de lancement.
Au-delà de la connectivité, ces constellations s’inscrivent dans des enjeux de souveraineté numérique, de résilience des infrastructures et de contrôle des flux de données. Elles peuvent également avoir des implications stratégiques, notamment en matière de gestion du spectre et d’interférences potentielles entre systèmes concurrents, même si ces aspects restent peu documentés publiquement.
Conclusion : le programme Rassvet marque une entrée concrète de la Russie dans la course aux constellations en orbite basse, mais il n’en est qu’à ses débuts. L’écart avec les systèmes déjà opérationnels comme Starlink reste significatif. À ce stade, l’enjeu principal n’est pas tant la concurrence immédiate que la capacité à construire, dans la durée, une infrastructure autonome. La multiplication des projets suggère une transformation progressive du paysage spatial, où coexistence, complémentarité et rivalités technologiques devraient continuer à se développer.
FAQ
Combien de satellites la Russie a-t-elle lancés ?
16 satellites dans le cadre du programme Rassvet.
Quelle est la différence avec Starlink ?
Starlink exploite plus de 5000 satellites avec une couverture commerciale active, contre une phase initiale côté russe.
Quand le système russe sera-t-il opérationnel ?
Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour une couverture complète.